







“Je leur demande par exemple que les cordes sonnent comme la rencontre d’American Beauty et de Bruce Springsteen à Miami. Ou je leur dis : “Pense à une lycéenne qui fait le mur pour aller se défoncer”.”





“Je suis avant tout une écrivaine, puis peut-être une chanteuse. Monter sur scène, c’est contre ma nature, je ne suis pas née exhibitionniste.”


Travailles-tu beaucoup ?
Francis Ford Coppola a dit un jour : “Si tu t’assieds chaque jour à un bureau, ta muse saura où te trouver.” J’ai essayé mais ça ne marche pas. Elle vient quand elle veut, où elle veut. Parfois, elle m’abandonne pendant des mois. Mais je n’ai plus peur de son absence, je sais qu’elle reviendra, qu’une chanson me tombera dessus, d’un bloc, au moment où je ne m’y attends pas. Je n’ai pas besoin d’une pièce ou d’un bureau, car j’ai mon sentier secret, depuis huit ans. Il part de la 59e Rue, suit les quais jusqu’à Canal Street, traverse les quartiers chinois et italien, puis remonte par l’East Side… Je me suis rendu compte que pour que mon esprit vagabonde mon corps devait être en mouvement. J’ai croisé Lou Reed plusieurs fois, il utilise visiblement la même technique ! J’ai toujours fait ça, depuis mon enfance à Lake Placid, au nord de New York, presque à la frontière canadienne. Je partais alors dans la forêt, seule par choix… C’était très isolé, montagneux, très sombre, il y avait un côté un peu Twin Peaks. Pas étonnant que je me sente chez moi dans les films de Lynch ! Dès mes débuts, on a d’ailleurs décrit ma musique comme “lynchienne”. Nous avons sans doute tous les deux des coeurs noirs.

Quand as-tu commencé à écrire ?
Très jeune. De la poésie, puis des nouvelles, puis enfin des chansons, affreuses au départ. J’ai fait des études de philosophie et de métaphysique. Cette passion des mots, je la dois à mon meilleur ami Gene, mon prof d’anglais à l’époque. Il m’a présenté, à 15 ans, des livres de Jack Kerouac, Allen Ginsberg… Soudain, je n’avais plus l’impression d’être seule, perdue dans mes chimères. Je savais enfin qu’il y avait des gens comme moi, un peu bizarres, en marge. J’ai vraiment été sauvée par les poètes beat, ils ont ouvert une immense fenêtre pour moi, tout en me rassurant sur ma santé mentale. A Lake Placid, il n’y avait pas grand monde avec qui partager mon univers : les livres sont donc devenus mes amis intimes. Ils me parlaient de New York, de gens dont je devenais l’intime. J’ai retrouvé cet esprit en étudiant la philosophie, entourée de gens qui n’avaient pas honte de poser des questions, qui demandaient “Pourquoi existons-nous ?” au lieu de “Quel temps fera-t-il demain ?”.

Récemment, une série de concerts en demi-teinte, des interviews aussi lisses que son image, une mauvaise prestation dans une émission américaine et une accusation de plagiat ont accru les spéculations et épaissi le mystère.
L’attrait de Lana del Rey réside dans l’univers singulier qu’elle a développé: un subtil mélange de modernité (phrasé hip-hop, langage de +bad girl+) et de nostalgie du glamour hollywoodien des années 50, le tout baignant dans une ambiance rappelant les films de David Lynch.
Lana del Rey oscille sans cesse entre la femme fatale et la femme soumise, entre les fantasmes hollywoodiens inspirés par “La Fureur de Vivre” et “Lolita”, et l’ennui et la vacuité du quotidien.











